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Point sur l’Hyperéosinophilie

Souvent négligée ou attribuée trop facilement И une atopie,  l’hyperéosinophilie peut-être  révélatrice de maladies graves comme une hémopathie, une maladie auto-immune…
Elle nécessite donc une démarche étiologique systématique, souvent complexe en raison des nombreuses manifestations cliniques.

 

Qu’est-ce qu’une hyperéosinophilie ?

Hyperéosinophilie :
PNE > 0.5 G/L SANS atteinte organique

Syndrome hyperéosinophilique :
PNE > 1.5 G/L ET atteinte d’organes liОe aux PNE (exclusion d’autres maladies responsables de l’atteinte d’organe)

Maladies à éosinophiles restreintes à un organe :
PNE > 1.5 G/L ET atteinte mono-organe liОe aux PNE

 

Pourquoi explorer une hyperéosinophilie ?

Il existe un risque de cytotoxicitО, de dysfonction d’organe et de thromboses par accumulation des polynuclОaires Оosinophiles (PNE) dans les organes et tissus : quel que soit le taux sanguin, toute Оosinophilie peut s’accompagner de complications propres aux PNE, en plus des manifestations cliniques de la maladie causale.

 

Quand et comment explorer une hyperéosinophilie ?

Démarche diagnostique
Si PNE > 0.5 G/L  persistant à 1 mois d’intervalle, mРme si asymptomatique

Interrogatoire
Profession, antécédents, médicaments, voyages, habitudes alimentaires…

Examen clinique
Dermatose, hépato-splénomégalie, adénopathies…

Diagnostic etiologique
Causes fréquentes
Atopie, Médicaments, Parasites (helminthiases) /virus (HIV/HTLV1),  Cancers et hОmopathies malignes, (Hodgkin chez les sujets jeunes ++)

Causes plus rares
Maladies systémiques inflammatoires, Maladies spécifiques d’organe, Syndromes rares avec hyperéosinophilie (Churg Strauss, Gleich…)

 

Bilan biologique de 1ère intention

– NF, CRP, ionogramme, bilan rénal et hépatique
– Bilan allergologique (l’atopie ne doit pas être envisagée si PNE > 1.5 G/L )
– Sérologie HIV (et HTLV1 si voyage tropical)
– Examen parasitologique des selles et sérologies parasitaires : toxocarose +++, puis trichinose, anisakiase, distomatose, hydatidose, anguillulose (+ bilharziose, filariose et ankylostomiase si voyage tropical)

Conclusion

Malgré d’indéniables progrés, certains cas d’hyperéosinophilie restent encore inexpliqués : une surveillance régulière est alors impérative pour juger d’une éventuelle évolution clinico-biologique défavorable.

Devant  la difficulté de certaines  prises  en charge,  un  RÉSEAU ÉOSINOPHILE hôpital Foch, service de médecine  interne, Suresnes) a été mis en place pour assurer une meilleure coordination des prescriptions et une validation des approches méthodologiques, souvent complexes.