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Dans quel contexte faut-il rechercher une Hépatite E ?

Dans les pays industrialisés, les hépatites entéro-transmissibles sont encore trop souvent considérées comme des maladies importées des régions endémiques. Les avancées réalisées dans l’épidémiologie de l’hépatite E (VHE) ont révélé qu’elle était le plus souvent autochtone et qu’elle avait une origine zoonotique.
Dans le monde, on estime qu’il y a 20 millions de cas par an et 56 000 décès (source OMS). Dans plusieurs pays, comme la France, le Royaume-Uni ou le Japon, l’hépatite E est désormais plus fréquente que l’hépatite A. La recherche d’une infection par le VHE doit donc être proposée devant toute élévation des ALAT s

 

Transmission

Le VHE se transmet principalement :
• par des produits alimentaires contaminés, consommés crus ou peu cuits, d’animaux réservoirs du VHE (porc, sanglier, cerf). Une transmission est également suspectée par consommation de coquillage. (pays industrialisés)
• par de l’eau contaminée par des fèces d’origine humaine ou animale (pays à faible niveau d’hygiène).
D’autres voies de transmission ont été recensées : transmission manuportée par contact direct ou indirect avec des animaux réservoirs (chez les chasseurs)

 

Clinique

L’infection par le VHE est le plus fréquemment asymptomatique (plus de 90% des cas).
Mais l’hépatite E peut entrainer, après une incubation de 2 à 8 semaines (40 jours en moyenne) :

• des formes aiguës ressemblant à celle de l’hépatite A : fièvre, fatigue, nausées, vomissements, anorexie et douleurs abdominales, sou- vent suivis par un ictère. L’évolution est le plus souvent spontanément favorable en 3 à 5 semaines. Cependant l’hépatite E peut évoluer vers une forme fulminante (entre 1 % et 4 % de décès chez les adultes). Les populations à risque sont les patients déjà atteints d’hépatites chroniques et les femmes enceintes (jusqu’à 20 % de mortalité)
• des formes chroniques décrites chez les immunodéprimés en raison d’une greffe d’organe, d’une hémopathie maligne ou d’une infection VIH
• des manifestations extra-hépatiques (atteintes rénales mais aussi neurologiques).

 

Diagnostique biologique

La virémie est transitoire, survient environ 1 semaine avant la phase ictérique puis disparaît au moment du pic de transaminases. Quant à l’excrétion du virus dans les selles, elle précède de quelques jours la phase ictérique et persiste 3 à 4 semaines.

Les anticorps anti-VHE de type IgM sont détectables dès le début de la symptomatologie, avec un taux maximum des IgM au bout d’un mois et disparition en 8 à 12 semaines.

Une infection aigüe est définie par la présence d’IgM anti-VHE dans le sang ou par la présence du virus dans le sang ou les selles. La présence d’IgG anti-VHE témoigne d’une exposition antérieure au VHE.

Un algorithme diagnostic est proposé par le Centre National de Référence (CNR) du VHE :

 

Traitement et prévention

Il n’y a pas de traitement spécifique de l’hépatite E, ni de vaccin commercialisé.
En conséquence, la prévention constitue l’approche la plus ef cace contre la maladie :
• la prévention des cas autochtones d’hépatite E repose sur
* les mesures générales d’hygiène individuelle (lavage des mains, nettoyage des ustensiles de cuisine, des surfaces…)
* la cuisson à coeur des produits les plus à risque à base de foie cru de porc (saucisses de foie fraîches ou sèches, gatelli) ou à base de sanglier ou de cerf (viande et abats crus ou mal cuits). La consommation de ces produits même cuits est à déconseiller chez les personnes à risque de développer une forme grave d’hépatite E (immunodéprimés, femmes enceintes et patients atteint d’une hépatite chronique).
• la prévention de l’hépatite E pour un voyageur à destination de zones d’endémicité VHE repose sur les recommandations aux voyageurs sur les risques entériques.

 

Bibliographie : CNR des hépatites A et E www.cnrvha-vhe.org ; Institut de veille sanitaire (INVS) www.invs.sante.fr ; Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES) www.anses.fr ; OMS www.who.int